


Dans sa lettre « Vers une nouvelle solidarité », traduite en plus de 50 langues, adressée aux jeunes, frère Alois, le prieur de la communauté de Taizé, écrit : « Si la solidarité humaine a toujours été nécessaire, elle a besoin d’être constamment renouvelée, rajeunie à travers de nouvelles expressions ». Il y a invité la nouvelle génération à s’interroger face aux ébranlements de l’économie mondiale, aux changements des équilibres géopolitiques, à l’accroissement des inégalités, posant la question : « Serait-ce une raison de nous interroger davantage sur les options à prendre pour notre vie ? » Chaque matin, après la prière, nous nous sommes réunis, répartis dans les 160 paroisses d’accueil, et avons partagé avec les Berlinois qui nous ont accueillis sur les différents thèmes de cette lettre de Taizé pour 2012 : confiance entre les humains, confiance en Dieu, le Christ de communion, chercher à être « sel de la terre ».
Parmi les nombreux carrefours proposés, voici plusieurs rencontres que nous avons pu vivre durant ces jours : rencontre avec des témoins de l’époque du mur de Berlin et visite des lieux ; rencontre avec des membres du parlement fédéral allemand (Bundestag) autour du thème « Pour un monde plus juste : politique et responsabilité citoyenne » ; rencontre autour de la phrase de Dietrich Bonhoeffer (1906-1945) « Devant Dieu et avec Dieu nous vivons sans Dieu » sur la foi dans un monde où Dieu n’a apparemment plus de rôle à jouer (rencontre vécue dans l’église où il fut pasteur durant 2 ans à Berlin) ; visite et rencontre à la grande mosquée avec la communauté musulmane berlinoise, etc.
Toutes les journées étaient rythmées par les 3 temps de prière, matin, midi et soir, et avec les rencontres en paroisses le matin, les carrefour avec thèmes l’après-midi, et l’accueil dans les famille.
« La rencontre simultanée d’Ukrainiens grecs catholiques et grecs orthodoxes, de Polonais catholiques, de Hollandais protestants, avec six français catholiques... de belles opportunités pour rencontrer des personnes de tous horizons. Par ailleurs, on sent que le thème du mur, c’est du vécu pour les Berlinois. Il est aussi admirable de voir qu’aujourd’hui on parle de la foi ici, ce qui était impensable à Berlin Est des années auparavant. » (Vincent)
« Une première rencontre de Taizé, avec la découverte aussi de la ville de Berlin. Avec Philippe, nous avons été bien accueillis chez un pasteur et sa femme, heureuse providence pour des séminaristes se préparant à devenir prêtre ! J’ai beaucoup aimé les rencontres. Étant anglophone, j’ai pu faire beaucoup de traductions aussi. On découvre des aspects culturels nouveaux, par exemple les divisions entre Ukrainiens catholiques et orthodoxes. Le carrefour au musée juif de Berlin a été exceptionnel aussi, ainsi que la rencontre au parlement allemand au Bundestag avec des parlementaires. J’ai beaucoup aimé la Liturgie avec les chants de Taizé qui aident à prier. » (Francis)
« La rencontre simultanée d’Ukrainiens grecs catholiques et grecs orthodoxes, de Polonais catholiques, de Hollandais protestants, avec six français catholiques... de belles opportunités pour rencontrer des personnes de tous horizons. Par ailleurs, on sent que le thème du mur, c’est du vécu pour les Berlinois. Il est aussi admirable de voir qu’aujourd’hui on parle de la foi ici, ce qui était impensable à Berlin Est des années auparavant. » (Vincent)

« Ce fut ma première rencontre de Taizé. Beaucoup de rencontres, avec des jeunes de tous pays : Pologne, Allemagne, etc. J’ai été marqué par la thématiques du mur qui a divisé la ville et l’Europe dans le passé. Nous étions 5 jeunes accueillis dans une famille pratiquante. De beaux moments de visite aussi » (Jérémy)
« Cette première rencontre internationale à laquelle j’ai participé m’a montré le côté important que Berlin dégage. Un sacré mélange ! Il nous faut être ouvert et se respecter, dans toute cette diversité de chrétiens. J’ai pu rencontrer un prêtre orthodoxe, et aussi découvrir la vie d’un pasteur. J’ai été très touché par le moment où, chaque soir, à la fin de la prière, les jeunes s’avancent pour vénérer la croix en posant leur front dessus. Beaucoup de moments très forts. » (Philippe)
« Nous étions 100 jeunes de tous pays accueillis dans une paroisse de la banlieue Sud de Berlin. Les jeunes allemands qui nous ont accueillis dans la paroisse étaient très engagés et actifs. Cette rencontre facilite beaucoup le contact entre jeunes. On s’aborde comme si on se connaissait déjà, car nous savons tous que l’autre est aussi venu pour prier et rencontrer… et les discussions autour de la foi viennent facilement. C’est un moment privilégié pour prendre le temps de se décentrer de chez soi, et expérimenter un temps avec d’autres, sentir de l’intérieur la douleur de la division entre chrétiens aussi, se réjouir de la beauté de l’Eglise, connaître la diversité, avancer dans le chemin de la réconciliation. Cette rencontre est un beau témoignage donné au monde. » (Charles)
Témoignage de Philippe à la radio (France Bleu Elsass le 5/2/12), enregistré par Paul Meyer : http://www.diocese-alsace.fr/sons/am421c.mp3